Cumul d’inondations dans une communauté défavorisée : le sentiment d’appartenance des résidents inondés s’en retrouve-t-il modifié?
Année : 2023
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
HAMEL Ariane (CANADA) – ariane.hamel22@gmail.com – Etudiant
ST-AMOUR Nathalie (Canada) – nathalie.st-amour@uqo.ca
Résumé :
Contexte : Certains pays et régions du monde sont davantage touchés par des crises (crise climatique, crise environnementale, désastres naturels, etc.) qui semblent maintenant récurrentes au fil des ans, et les communautés socioéconomiquement défavorisées sont historiquement affectées de façon disproportionnée par les chamboulements climatiques, dont les événement météorologiques extrêmes (Choi et al., 2022). Par exemple, Gatineau, une ville riveraine québécoise, a été touchée durement par des inondations historiques en 2017 et en 2019, notamment dans des quartiers socioéconomiquement défavorisés, dont celui de Pointe-Gatineau. Depuis, la communauté est transfigurée : le départ d’une partie de ses habitants et l’abandon ou la destruction de plusieurs maisons jugées insalubres laissent un grand vide. Considéré comme l’un des plus vieux quartiers de la ville, où plusieurs générations s’étaient établies et où de solides relations de voisinage s’étaient construites, cet exode amène de l’insécurité et de l’incertitude parmi ceux qui sont restés (Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais, 2021). En effet, la dévitalisation s’exprime notamment par l’absence de dynamisme et du désir de s’impliquer d’une communauté : « là où le sentiment d’appartenance et la fierté sont faibles, la volonté et la capacité d’agir sont en berne » (Simard et al., 2018, paragr. 4). Bien que ce domaine d’étude soit en émergence, on observe dans la littérature recensée que l’attachement des individus à leur milieu exercerait une influence sur leur processus de rétablissement suivant une ou des catastrophes (Chamlee-Wright et Storr, 2009; Cox et Perry, 2011).
Objectif : La communication présente les résultats préliminaires d’une étude qui s’intéresse à des populations qui ne se font pas souvent entendre et à leur processus de rétablissement à la suite d’un cumul de catastrophes vécu dans les dernières années, notamment en incluant leur lien d’attachement à leur milieu/territoire. Plus précisément par cette contribution, nous souhaitons mettre de l’avant la composante du lien d’attachement au territoire et son importance dans le processus de rétablissement d’individus socioéconomiquement défavorisés ayant vécu un cumul de catastrophes.
Méthodologie : Dix résidents ayant vécu les inondations de 2017 et de 2019 dans le quartier de Pointe-Gatineau seront rencontrés lors d’une entrevue individuelle à l’hiver et au printemps 2023. L’échantillon sera divisé en deux catégories : les participants habitant encore à ce jour dans le quartier de Pointe-Gatineau, et les participants ayant décidé de quitter le quartier après les inondations de 2019. Puis, les entrevues seront retranscrites et codifiées afin d’en faire une analyse thématique.
Résultats : Les résultats préliminaires de cette étude seront analysés au printemps 2023 et communiqués lors de l’AIFRIS 2023.
Axe visé : Cette contribution s’inscrit dans l’axe 3 : « Politique et institutions articulées aux pratiques émergentes : actions d’urgence, processus d’innovation et d’institutionnalisation ». Notamment, elle bonifie les données scientifiques émergentes sur le concept de l’attachement au territoire (ou du « chez-soi ») et à son importance lors de la phase de rétablissement suivant une catastrophe. Ces connaissances nourrissent également la pratique du travail social en contexte de catastrophe (par exemple, comment travailler à la reconstruction du vivre chez-soi avec les résident.e.s), un sujet qui reste à ce jour peu étudié. De plus, elles produisent des savoirs qui aideront les différents décideurs à mieux élaborer des mesures et des politiques destinées à rehausser la capacité de résilience des individus et des communautés en tenant compte de l’attachement au milieu par ces derniers.
Mots clés :
Catastrophe naturelle, Inondations, Communautés défavorisées, cumul de catastrophes, sentiment d'appartenances, processus de rétablissement, dévitalisation
← Retour à la liste des articles