Solidarité mobilisée par les personnes âgées : des réseaux de soutien invisibles
Année : 2023
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
SAVOIE Elda (Canada) – elda.savoie@umoncton.ca – Chercheur
LANTEIGNE ISABEL (Canada) – isabel.lanteigne@umoncton.ca
Résumé :
La présente communication abordera un thème qui n’est guère étudié, c’est-à-dire celui de la solidarité mobilisée par les personnes âgées. Les données présentées ont été recueillies dans le cadre d’une recherche doctorale permettant de mettre en lumière l’émergence du concept de soutien invisible. Les 16 femmes âgées de 75 à 91 ans ont longuement parlé du soutien informel qu’elles mettent en place et qui les incitent à demeurer à domicile malgré le peu de services disponibles dans la région rurale où elles habitent. Le terme invisible utilisé pour décrire le soutien s’explique, puisque ce type de soutien a peu été étudié et est difficilement mesurable. Comme le souligne Hermansen (2016), le soutien informel, non organisé ni soutenu, est difficile à quantifier, car les actions posées sont souvent « ignorées ou négligées » (p.391). Le soutien informel peut être défini comme une action envers les autres qui n’est nullement organisée donc se distingue des actes bénévoles formels (Hermansen, 2016, p.389). Un bon nombre d’études ont soulevé la présence fréquente d’un soutien informel en région rurale, et de surcroit, auprès des gens âgés (Connors, Kennick & Bloch, 2013; Dalmer,2019; Glass & Vander Plaats, 2013) qui s’organisent entre eux pour donner et recevoir de l’appui (Siira et al., 2020). Cette proposition de communication s’inscrit dans l’axe 4, soit : Acteurs de l’action sociale, de la recherche et de la formation autour des pratiques émergentes : expériences et mises en savoirs. Les participantes à cette recherche ont démontré qu’elles sont des actrices de pratiques émergentes, car en se soutenant mutuellement sur une base continuelle et lorsque surgissent des moments de crises qui peuvent mettre à risque certains groupes de personnes de leur communauté surgit un soutien qui passe inaperçu. En étant bien entouré à l’aide de ce soutien invisible, les personnes âgées ne se retrouvent guère seules, notamment durant des tempêtes extrêmes ou une crise sanitaire. Ce soutien invisible comprend autant les gestes tels qu’un salut de main ou encore le clignotement de lumières permettant ainsi de savoir si la personne est bien ou non chez elle. Ce sont des astuces qu’elles s’inventent entre elles pour se sentir en sécurité et aussi être partie prenante de la communauté, stratégies qui illustrent bien leur débrouille. Comme le nomme Lapierre et Keating (2013) ainsi que Barker (2022), c’est un soutien qui demeure invisible aux yeux du public, mais qui constitue une proximité émotionnelle agrémentant leur quotidien.
Une méthodologie qualitative a été utilisée pour cette recherche. Celle-ci a permis d’explorer des réalités quotidiennes vécues par ces femmes âgées demeurant en région rurale (Smith, Flowers & Larkin, 2009). Tous les entretiens effectués dans le cadre de cette étude se sont déroulés au domicile des personnes et ils ont été d’une durée moyenne de 90 minutes (entre 60 à 120 minutes). L’analyse thématique a permis de déceler plusieurs dont celui du soutien invisible développé en région rurale afin de demeurer dans leur domicile.
En guise de conclusion, des retombées pour la pratique des professionnels, la formation et la recherche seront discutées à partir de la prise de parole de ces femmes du grand âge et d’une forme de soutien qu’elles ont rendu visible.
Mots clés :
← Retour à la liste des articles