LE TÉLÉTRAVAIL A-T-IL UN AVENIR EN INTERVENTION COLLECTIVE ?
Année : 2023
Thème : Analyse de récits de pratiques émergentes par des intervenant.e.s en action collective au Québec lors de la 1ère année de crise socio-sanitaire de Covid-19.
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
JOCHEMS Sylvie (Canada) – jochems.sylvie@uqam.ca – Chercheur
Résumé :
Cet incident critique mondial, ce sinistre inédit (Maltais et al, 2022) causé par la pandémie de Covid-19, s’est entre autres répercuté en milieux communautaires au Québec (Couturier et Fortin, 2020; Courtemanche et al, 2022). L’exigence de distanciation sociale décrétée le 13 mars 2020 par le Gouvernement du Québec a mis à rude épreuve le sens et les formes habituelles d’exercice de la fonction de liaison sociale (Lachapelle, 2017), sur laquelle se fonde l’intervention en action collective, nommée le plus souvent « organisation communautaire » (Comeau et al, 2018; Mercier et Bourque, 2021). Habitué.e.s à se mettre en mode « solutions », ces intervenant.e.s ont fait preuve d’une grande proactivité et créativité notamment en ayant recours aux objets numériques afin de maintenir une communication nécessaire au soutien et à la défense des droits sociaux des plus vulnérables de la société.
Cette communication s’inscrit dans un cycle de recherches sur les pratiques d’intervention en action collective à l’ère numérique (PIACEN) dont sa cueillette des données multi-cas et multi-méthodes s’est amorcé dès le début de la crise sociosanitaire au printemps 2020 (Jochems, 2022). De fait, l’accès des intervenant.e.s en action collective à leurs bureaux de travail étant compromis, voire proscrit, dès mars 2020, la pratique du « télétravail » ou « du travail à distance » s’est rapidement imposé aux intervenant.e.s en action collective et suscite nombre de préoccupations sur : leurs conditions de travail dont la perte d’un bureau assigné; la perte des moments informels et des opportunités de contacts entre collègues et avec les acteurs du territoire; les conditions de mobilisation citoyenne; le sens de leur propre engagement social et politique; etc. Mais elle a aussi révélé des avantages certains pour les uns qui doivent être mis en discussion au sein de leurs organisations.
En somme, après 3 ans du début de la pandémie de Covid-19, est-ce que cette pratique individuelle et collective du télétravail demeurera une pratique courante, voire même majoritaire ? Et plus directement, dans quelles mesures, en faisant usage des objets numériques en situation de télétravail, peut-on bien assumer le rôle de « passeur » entre les institutions (telles que la Santé publique et des services sociaux) et les acteurs des communautés territoriales (organismes communautaires, municipalités, etc) ?
Pour y répondre, l’analyse présentée lors du Congrès de Paris se concentrera sur le thème du télétravail (,...), thème majeur qui traverse les récits des intervenant.e.s en action collective participant.e.s: 24 entretiens individuels et 7 groupes de discussion (Jochems, 2022). L’analyse de cette situation, comprise ici comme incident critique d’une ampleur considérable, permet de décrire non seulement les conditions de travail de ces personnes intervenantes (accès au matériel nécessaire au télétravail, ergonomie, formation, ...) et ce, selon leurs contextes respectifs (études de cas : Yin, 2003; Cefaï, 2006), mais surtout de décrire les justifications que donnent ces intervenant.e.s sur leur fonction sociale et leurs rapports aux objets numériques (Boltanski et Thévenot, 1991; Latour, 2007; Nélisse, 1998).
Mots clés :
Action collective, Action communautaire, Numérique, Télétravail
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