Des étudiants en travail social à l’épreuve de leur précarité
Année : 2023
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
VEYRIÉ Nadia (France) – nveyrie@irtsnormandiecaen.fr – Enseignant ou formateur
Résumé :
Pendant la pandémie due à la Covid-19, la situation des étudiants a été évoquée par les médias (français) en mettant en évidence les effets de cette « crise sanitaire » : isolements sociaux, difficultés économiques et démotivations. La présence de ce virus révéla et amplifia des vulnérabilités dévoilées auparavant quant à l’alimentation, au logement et à la santé des étudiants (Dequiré, 2007). Cette précarité est souvent rendue invisible socialement (Le Blanc, 2009) du fait de représentations liée à une vie qui serait « transitoire » avant d’accéder à l’emploi.
Parmi ces étudiants, certains se destinent à être des travailleurs sociaux. Ils sont alors d’autant plus confrontés aux effets des crises, dont les fins sont incertaines (Morin, 2020, Revault d’Allonnes, 2012), auprès d'individus dans un monde en constante insécurité (Gori, 2022) . Dès leurs stages, les étudiants en travail social accompagnent les personnes qui ont perdu leur emploi, leur logement, qui ont quitté leur pays, qui vivent des séparations, des violences, des maladies, des deuils ; des jeunes dont l’insertion socio-professionnelle est difficile, des personnes en situation de discriminations, des agriculteurs en survie pour certains, des familles avec de faibles revenus dans une société où règnent l’hyperconsommation et l’accélération (Rosa, 2013).
Pour certains, pendant ces années d’étude, ils vivent également une situation de précarité plurielle (économique, sociale, psychologique). Ils développent alors une implication avec une dimension sociale (se projeter comme travailleur social en fonction d’une souffrance sociale due à la crise), à un dimension intersubjective (comment accompagner les personnes précaires qui peuvent aussi basculer dans la pauvreté ?) et à une dimension subjective (comment vivre dans un quotidien d’étudiant précaire ?). De ce fait, voici le questionnement proposé : en quoi les étudiants en travail social vivent-ils et proposent-ils une réflexivité professionnelle émergeante quant au vécu de leur précarité ?
Pour tenter de répondre, je prendrai appui sur les propos issus d’entretiens semi-directifs réalisés auprès d’étudiants et de jeunes diplômés en France (assistants de service social, éducateurs spécialisés, éducateurs spécialises techniques) avant et après la crise du Covid-19 dans le cadre d’une recherche qualitative. Sociologue, formatrice et chercheuse dans un centre de formation en travail social, je souhaite expliquer aussi comment ils engagent des dynamiques de réflexivité à partir de travaux engagés pendant leurs études.
Mots clés :
Étudiants - travail social - précarité - épreuve/crise - réflexivité
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