TRAVAIL SOCIAL FÉMINISTE ET LA PRISON POUR FEMMES 1/3
Année : 2023
Thème : – L’intervention féministe intersectionnelle et l’action sociale du Comité Leclerc
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
Mensah Maria Nengeh (CANADA) – mensah.nengeh@uqam.ca – Chercheur
Résumé :
TITRE : LE TRAVAIL SOCIAL FÉMINISTE ET LA PRISON POUR FEMMES
Résumé de l’atelier
Responsables : Mensah et Chesnay, UQAM.
Au Québec/Canada, en 2016, les femmes détenues à la prison Tanguay sont transférées vers l’établissement Leclerc à Laval, un ancien pénitencier pour hommes fermé pour cause de vétusté par le gouvernement fédéral. Qualifié d’improvisé voir d’échec par le Protecteur du citoyen, ce transfert a été dénoncé par plusieurs groupes de défense de droits. Ces derniers ont décrié l’insalubrité de l’établissement, le bafouement des droits humains, le non-accès et la discontinuité à des soins de santé adéquats, l’absence de soutien à la sortie, et la détention des personnes prévenues. Cette crise a été exacerbée durant la pandémie de COVID19: les témoignages des personnes incarcérées au Leclerc brossent un portrait des détériorations importantes des conditions de détention, ainsi des atteintes à leurs libertés fondamentales. Fin 2022, le ministre de la Sécurité publique a annoncé la construction d’une nouvelle prison pour femmes, qui prendrait en compte les réalités des femmes. Au moment d’écrire ces lignes, il n’est pas possible de savoir quelle forme cette nouvelle prison va prendre ni quelle réforme sera déployée. Par ailleurs au Canada, la prison est intimement liée à l’histoire coloniale. Si le colonialisme canadien vise à faire disparaître les autochtones de leur territoire et à contrôler le corps des Noir·es par la servitude, des logiques similaires sont à l’œuvre dans la prison pour femmes. À son tour, elle discrimine les personnes racisées, perçues comme plus dangereuses.
Cet atelier propose de réfléchir à l’articulation du travail social féministe en regard de la prison pour femmes. En s’appuyant sur des données de recherche, nous aborderons: 1) La pratique d’intervention féministe intersectionnelle dont s’est saisi le milieu concerné en situation de crise à la prison Leclerc (Mensah), 2) Les trajectoires sociojudiciares des femmes Noires et la racialisation qui se jouent dans le cadre de l’intervention sociale (Chesnay), puis 3) quels enseignements tirer de témoignages émergents issues de ce contexte de crises ? (Chesnay et Mensah).
Résumé des communications :
Prison pour femmes 1/3 – L’intervention féministe intersectionnelle et l’action sociale du Comité Leclerc
Mensah, MN.
Cette communication abordera comment, en réponse à la crise de la prison Leclerc pour femmes, un groupe d’action sociale unique a été créé. Le Comité Leclerc (CL) du Centre des femmes de Laval (CFL) a été mis sur pied pour favoriser la solidarité auprès des femmes détenues et contrer la détention des femmes. Notre recherche avait pour objectif de documenter et de comprendre l’approche féministe intersectionnelle déployée dans l’action du CL, notamment en y décrivant l’historique, le déroulement et le processus précis des pratiques de groupe et d’action collective. Les résultats démontrent, entre autres, le rôle déterminant de la conjugaison entre les registres affectifs et militants pour les participant·es.
Mots clés :
Femmes, Crise sociale, Prison
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