Pandémie de la Covid - 19 : Quand un virus secoue les pratiques.

Année : 2023

Thème : Les technologies de l’information et de la communication au service de l’humain et de la réflexion dans le cadre des travaux de fin d’études de bachelier éducateur spécialisé en accompagnements psycho-éducatif.

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

DEFLORENNE Fabien (Belgique) – fdeflorenne@he2b.be – Enseignant ou formateur
LASSEEL nicolas (BELGIQUE) – nlasseel@he2b.be

Résumé :

Pour des raisons d’ergonomie et de lecture, ce courrier n’est pas rédigé en écriture inclusive, mais il s’adresse néanmoins tant aux hommes qu’aux femmes, ainsi qu’aux personnes non-binaires.

Nous sommes tous deux enseignants en Belgique à la Haute École Bruxelles-Brabant, Département pédagogique en section éducateur spécialisé en accompagnement psycho-éducatif, bachelier de type court, l’un étant Maître-assistant en Psychologie, l’autre en Communication.

Nous accompagnions de nombreux étudiants dans le cadre de leurs travaux de fin d’études (TFE), nous partagions les mêmes constats : manque de liens théorie - pratique, manque de connaissances assimilées, manque de solidarité…

Pour la rentrée académique 2019, nous voulions élaborer un dispositif d’apprentissage professionnalisant répondant à nos constats respectifs. Les objectifs étaient d’assurer un accompagnement plus pertinent pour les étudiants et moins chronophage pour nous.

Nous nous appuyions sur des principes de la pédagogie de projet (Bru et Not, 1987), sur d’autres issus de la classe inversée (Lebrun, M. et Lecoq, J. (2016), sur le compagnonnage cognitif (Frenay & Bédard, 2004), dans le but de développer leur professionnalisme.

Lors de l’imposition du confinement en mars 2020, en réponse aux constats et objectifs de formation qui continuaient d’exister, nous avons uni nos complémentarités en proposant, par le biais de la visioconférence, un accompagnement groupal sous forme de séminaires, en plus de moments individuels. Nous voulions maintenir l’accompagnement “individualisé” des étudiants dont nous avions la charge, d’une part en leur permettant de maintenir le lien de formation avec leurs pairs et d’autre part en ayant accès à deux enseignants de formations différentes, le tout leur permettant d’appréhender autrement aussi bien la perception de l’élaboration d’un TFE que celle de leur rapport au numérique. Ce dispositif nous est apparu comme étant lui-même un outil d’apprentissage que les étudiants pourraient implémenter et ré-exploiter pratiquement et directement, ce qu’ils nous ont confirmé.

Nous avons la volonté de partager l’expérience que nous menons depuis maintenant quatre ans. Mais aussi la manière dont nous la faisons évoluer en fonction de nouveaux constats et interrogations, de nouvelles générations, de nouvelles contraintes aussi bien logistiques que techniques, de résistances et de changements de mentalités liés aux outils numériques, qu’il s’agisse de ceux vécus par les étudiants ou par les collègues qui s’y sont intéressés et qui y ont vu des opportunités pédagogiques transposables à leur propre réalité.
Ce confinement a été le moteur de notre dispositif, tant dans son élaboration qu’au niveau de l’adhésion et l’engagement des étudiants. Dans sa dimension intrinsèque, ils trouvent une source de motivation. Dans sa dimension extrinsèque, l’émulation entre pairs, la transmission et l’émergence de principes éthiques sont rendus accessibles par le partage d’une expérience professionnelle divergente autour d’une lecture professionnelle commune. Les étudiants semblent saisir les apports de ce dispositif, qu’il s’agisse des étudiants en formation ou des “jeunes diplômés” qui continuent à y participer, soucieux de maintenir le niveau de réflexion qui les avaient nourris.

Le dispositif présenté est encore “trop jeune” que pour pouvoir livrer toutes ses conclusions. Cependant, jusqu’à présent, nous pouvons déduire que la proposition d’un espace distanciel autour de la création d’un TFE, lorsqu’il est envisagé selon les aspects décrits brièvement plus-haut (et empruntés des théories sur la classe inversée, le socioconstructivisme, la pédagogie par projet, la pédagogie différenciée) permet de construire un espace qui rend propice la motivation des étudiants à apprendre et à s’investir dans une réflexion sur la pratique professionnelle plutôt que sur la seule délivrance d’un titre académique.

Mots clés :

Technologie, Numérique, Formation, Pandémie

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