Quelle place et quelle légitimité pour les thématiques LGBTIQ+ dans la formation en travail social en Suisse ?

Année : 2023

Thème : Autre (poster, ...)

Type : Autre (poster, ...)

Auteur(s) :

HOFSTETTER Marita (SUISSE) – marita.hofstetter@hefr.ch – Chercheur

Résumé :

Cette proposition présente les résultats d’une étude faite dans le cadre d’un travail de master en Travail social réalisé à la HES-SO (Hofstetter, 2021). L’étude s’est intéressée à la place donnée aux thématiques LGBTIQ+ (1) au sein de la formation initiale dans les quatre hautes écoles de travail social (HETS) de la HES-SO de Suisse romande. Les résultats sont issus de l’analyse de données récoltées par le biais de 21 entretiens semi-structurés, 2 focus groupes et une analyse documentaire. Trois principales raisons ont motivé l’intérêt pour ce travail : 1) les personnes arc-en-ciel (2) sont tributaires de rapports de domination ; 2) les professionnel_les (3) du travail social sont de plus en plus confronté_es aux thématique LGBTIQ+ dans leurs pratiques ; 3) nos sociétés véhiculent encore aujourd’hui des messages contradictoires à propos des personnes arc-en-ciel, et ces messages peuvent se retrouver également au sein du travail social, ce qui peut amener de la confusion quant aux postures d’intervention à adopter. En conséquence, nous pouvons considérer qu’il s’agit de thématiques émergentes, qui traversent tous les domaines du travail social : éducation sociale, animation socio-culturelle, service social. De plus, les personnes arc-en-ciel évoluent encore dans des contextes sociaux qui vacillent entre avancée juridiques et persistance, voire recrudescence, d’actes de violence (Eisner & Hässler, 2021 ; Alessandrin & al., 2020). Pour ces raisons, les professionnel_les du travail social peuvent se retrouver confronté_es à ces réalités, des réalités qui ne sont pas toujours faciles à analyser et appréhender.

Dans cette étude, il a été donc possible de réfléchir à la fois à la pertinence des thématiques LGBTIQ+ dans la formation initiale, et à la fois aux enjeux découlant de ces thématiques. Ainsi, les résultats de l’étude ont mit en évidence deux dimensions principales : 1) les raisons fondamentales pour lesquelles étudiant_es et enseignant_es estiment que les thématiques LGBTIQ+ devraient être davantage présentes dans le dispositif de formation, faisant notamment le lien avec les principes éthiques du travail social, et le pouvoir des mots dans l’accompagnement des personnes arc-en-ciel ; 2) les enjeux dont les thématiques LGBTIQ+ sont porteuses dans la formation, notamment les questions de légitimité, et de savoir théorique vices versa expérientiel. Ainsi, plusieurs réflexions se soulèvent : qui est légitime pour aborder ces thématiques ? Quelle est la manière la plus légitime d’aborder ces thématiques ? entre savoir théorique et savoir expérientiel, quelle place pour les thématiques LGBTIQ+ ?

Au travers de la présentation des résultats de cette étude, cette proposition permettra d’approfondir ces questions.

Notes:

1. L’acronyme LGBTIQ+ signifie lesbienne, gay, bisexuel_le , transgenre, ou trans* , intersexué_e, queer ou en questionnement. Dans ce travail, le "+" ajouté à la fin du sigle est utilisé afin de faire référence aux identités qui ne se reconnaissent pas dans les autres catégories.

2. Par analogisme avec le terme "famille arc-en-ciel", je propose de nommer « personne arc-en-ciel » tout_e personne qui se reconnaît dans une orientation sexuelle et/ou affective autre qu’hétérosexuelle et/ou une identité de genre autre que cisgenre.

3. Le tiret bas, ou gender gap (_) signale un espace entre le féminin et le masculin, afin que toute personne ne se reconnaissant pas dans un système de genre binaire soit incluse. Des néologismes comme "acteurice", "utilisateurice", seront également utilisés afin de tendre envers un langage le plus inclusif possible.

Mots clés :


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