Quand la question sociale convoque le politique, le travail social et les futurs travailleurs sociaux à saisir les occasions d’interagir ensemble
Année : 2023
Thème : Pratiques sociales émergentes à l’épreuve de la lutte contre les violences intrafamiliales
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
MARIALE line (FRANCE) – lmariale@parmentieridf.fr – Enseignant ou formateur
Résumé :
Formatrice en travail social, j’ai acquis la ferme conviction qu’une forme de créativité dans l’exercice de la profession était favorable à dépasser les freins rencontrés par les professionnels pour accompagner les publics en bute avec des problématiques sociales de plus en plus complexes et enchevêtrées les unes aux autres.
Dotée de cette conviction-croyance (Weber, 2003), j’ai mené mon parcours professionnel en saisissant les opportunités qui s’offraient, voire parfois s’imposaient à moi, et qui, contre toute attente me donnaient accès à autant d’expériences inédites, singulières et des rencontres toujours en partage. C’est avec cette posture professionnelle que je me permets de restituer une action de formation ayant donné lieu à une rencontre entre le politique, le social et la formation de futures travailleurs sociaux, Conseillers en économie sociale familiale.
A l’occasion de la préparation de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre 2023, il s’est agi pour moi de conférer à cet évènement un caractère symbolique (Castoriadis, 1975) tant au niveau de la formation des étudiants, que de leur participation en tant de travailleurs sociaux et de leur situation de citoyens dans un Etat de droits. Par dimension symbolique, j’entends ce besoin de permettre aux étudiants d’approcher ce qui, en ce mois de d’octobre-novembre paraît être inaccessible de prime abord. Cette symbolisation vise la désacralisation de la relation politiques publiques – travailleurs sociaux – publics. La relation triangulaire s’opère habituellement via des instruments très normés par l’élaboration des moyens mis en œuvre sur les territoires dans le cadre des politiques publiques. Ici, plus précisément, il s’agit de faciliter la rencontre entre le travail social et le politique aux fins de l’accompagnement des personnes en difficulté. Habituellement, les trois entités évoluent dans des espaces bien différenciés, stratifiés socialement (Bourdieu, 1980) ; les politiques avec les dirigeants, les chercheurs, personnes dites qualifiées pour…, les travailleurs sociaux cantonnés à leurs espaces d’intervention (structures d’action sociale et/ou médico-sociales) et dans la relation avec les personnes accompagnées, concernées… les publics, nommées personnes concernées ou autres dans leur quotidien, aux prises avec les problématiques sociales qui font question sociale (Castel, 1995) pour notre société.
Dans ce contexte rituellement différencié voire quasiment étanche, j’ai émis l’idée d’une possible rencontre entre le politique et les étudiants CESF à l’occasion de la journée du 25 novembre dernier. Pourquoi ne pas saisir cette occasion internationale pour permettre aux étudiants d’entrevoir, de comprendre les enjeux de la mise en œuvre des politiques publiques à partir de la rencontre avec un politique ? De son côté, le politique, Guillaume Gouffier-Valente, député de ma circonscription, intéressé par la question des droits des femmes, a accueilli très favorablement ma démarche et mis à profit ce projet pour demander d’avoir accès aux besoins des professionnels de l’action sociale dans la lutte contre les violences intrafamiliales.
Nos demandes respectives ont trouvé un écho enthousiaste tant chez les étudiants que parmi les professionnels qui ont rendus compte de leurs expériences sur les territoires à partir de la démarche de la théorie ancrée mise en expérimentation par les apprentis chercheurs au cours du mois d’octobre à l’occasion d’un étude terrain sur la découverte du travail social et de la profession de CESF.
Cette recherche empirique restituée en synthèse le 25 novembre dernier lors de la rencontre avec Guillaume Gouffier-Valente à l’Assemblée nationale, a été l’occasion d’apporter le questionnement des professionnels et des étudiants notamment, relatif aux freins rencontrés par les femmes victimes de violences au sein de leur couple, dans le parcours de demande de protection vis-à-vis des institutions publiques (police, préfecture – pour les femmes engagées dans un processus migratoire).
Mots clés :
Politique sociale
← Retour à la liste des articles