L’intégration au Québec de travailleuses et de travailleurs sociaux formés à l’étranger: quels ajustements réciproques?

Année : 2023

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

Bélanger Sabourin Catherine (CANADA) – belanger-sabourin.catherine@uqam.ca – Etudiant
NAJMAN-ZAIKOFF nina (CANADA) – najman-zaikoff.nina@courrier.uqam.ca

Résumé :

Cette contribution invite à une réflexion collective sur les ajustements réciproques entre les travailleuses et travailleurs sociaux (T.S.) formés à l’étranger et communautés universitaires. Nous appuyant sur deux démarches de recherche menées conjointement, nous situons leurs pertinences sociale et scientifique, leurs appuis théoriques et méthodologiques avant de présenter les constats émergents.
En plus des crises à l’origine des mouvements de populations à l’internationale (environnementale, guerres, etc.), la pénurie de main-d’œuvre qualifiée accroît l’immigration économique (International Organization for Migration, 2020). Selon Pison (2019), c’est en Europe et en Amérique du Nord où converge l’immigration économique. Parmi les secteurs prioritaires, on retrouve la santé et les services sociaux (Organisation Internationale du travail ; Portail sur les données migratoires, 2023). Au Québec, l’Opération main-d’œuvre vise à attirer, former et à « requalifier » 60 000 travailleurs d’ici cinq ans, dont près de la moitié dans le secteur de la santé et des services sociaux. Certaines ententes internationales facilitent déjà la mobilité internationale de professionnels formés à l’étranger, c’est le cas de l’Entente Québec-France et des arrangements de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles (ARM) qui ont cours en travail social, puis, plus récemment, entre le Québec et la Suisse. Cette conjoncture soulève de nouveaux questionnements et de nouveaux défis. De manière générale, comment s’ajuster réciproquement, entre T.S. formés à l’étranger et communautés universitaires, pour favoriser l’intégration socioprofessionnelle en stage, puis ultimement, dans les milieux de pratique?
Pour éclairer cette problématique, en nous adossant à une perspective sociologique interactionniste (Becker, 2010) et à une approche collaborative (Desgagné, 2001), nous présenterons les constats émergeant de deux démarches de recherche menées conjointement. La première porte sur l’intégration en stage de professionnels formés à l’étranger de quatre domaines (physiothérapie, droit, éducation et travail social), puis, la seconde, s’intéresse plus spécifiquement à l’intégration de T.S. formés à l’étranger dans un contexte d’intervention avec les familles. Ces deux démarches partagent des visées de compréhension et d’action, puis sont guidées par ces questionnements : quelles sont les conventions de pratique qui se maintiennent d’un pays à l’autre? Quelles conventions sont à expliciter et, ultimement, à internaliser pour favoriser l’intégration professionnelle des T.S. formés à l’étranger et pour enrichir les pratiques locales de leurs répertoires de savoirs et d’actions? À travers la mise en place de dispositifs méthodologiques croisant divers acteurs et perspectives (entretiens individuels et de groupe), ces recherches participeront à coproduire des savoirs qui, nous le souhaitons, seront trouver leur pertinence en recherche, en formation et en pratique dans le domaine du travail social au Québec et peut-être à l’étranger...

Mots clés :

Convention, Travail social international, Formation, Recherche collaborative

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