L’adoption d’enfants : une réponse aux crises nationales et internationales
Année : 2023
Thème : L’exemple de la France
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
HALIFAX Juliette (France) – juliette.halifax@apradis.eu – Chercheur
Résumé :
Il y a tout juste 100 ans, la législation française autorisait l’adoption d’enfants mineurs (loi du 19 juin 1923). Cette introduction législative faisait suite à la première crise internationale du XXème siècle, à savoir la 1ère guerre mondiale, et à une prise de conscience quant à la protection des mineurs orphelins. Ainsi, l’adoption est clairement, en France, une mesure de protection de l’enfance, même si elle vise également à permettre à des familles sans enfant de devenir parents.
Au cours du siècle qui a suivi, les pratiques adoptives ont énormément évoluées, mais chaque étape importante a été marquée par une crise, qu’elle soit nationale ou internationale. Ce fut le cas des milliers enfants nés de mères allemandes et de pères alliés adoptés à partir de 1945 (Denéchère, 2021). Ce fut le cas également du développement de l’adoption internationale, dans les années 1970, en lien avec la guerre du Vietnam ou le régime autoritaire de Corée-du-Sud. « En se tournant vers l’extérieur, les populations françaises et occidentales ont été confrontées à la médiatisation de tragédies lointaines. C’est ainsi que l’adoption internationale s’est développée : pour pallier le manque d’enfants occidentaux adoptables et pour venir en aide aux enfants de pays défavorisés. » (Halifax, 2007). Au gré des catastrophes naturelles et politiques, certains pays s’ouvrent à l’adoption internationale, tandis que d’autres se ferment.
Nous proposons, dans cette communication, de présenter l’impact de ces crises territoriales sur le nombre d’adoptions par des familles françaises. Ce travail s’appuie sur les travaux de recherche de divers auteurs ainsi que sur les sources de données ministérielles. Celles-ci sont de deux ordres : les statistiques du ministère des affaires étrangères pour les adoptions internationales et celles du ministère de la famille, puis de l’Observatoire national de la protection de l’enfance, pour les adoptions nationales.
Il s’agira également de réfléchir aux impacts de ces changements sur les caractéristiques des enfants adoptés, des familles adoptives et des procédures d’adoption. En effet, diverses lois sont venues réformer l’adoption. La dernière date de février 2022 et vise, entre autres, à permettre à davantage d’enfants français de devenir adoptables – via le statut de pupilles de l’État – et à sécuriser les procédures internationales. Ces évolutions ont également des impacts dans l’accompagnement proposé par les travailleurs sociaux, que ce soit auprès des pupilles de l’État ou des candidats à l’adoption.
Mots clés :
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