Formations et diplômes du travail social : qualification à l’épreuve des compétences

Année : 2023

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

DELACOTE Joelle (France) – jdelacote@parmentieridf.fr – Enseignant ou formateur

Résumé :

Mes propos concernent uniquement les diplômes de travail social inscrits dans le code de l’action sociale et des familles (CASF). L’accès à ces diplômes se fait essentiellement par la voie de la formation.

Après une brève contextualisation et la définition des mots clés, nous nous interrogerons que les compétences prescrites, leurs modes de développement et comment les évaluer.
La VAE mise en place il y a 20 ans peine à prendre sa place sauf pour quelque DE comme le DEES. Rappelons que plusieurs voies d’accès aux diplômes du travail social sont possibles :
- Les formations sociales classiques avec l’alternance intégrative comme fondement,
- Les formations sociales par le biais de l’apprentissage, une autre forme d’alternance,
- La validation des acquis de l’expérience (VAE)

Mon parcours et mes expériences professionnelles m’amènent à m’interroger sur les la manière dont les étudiants et les professionnels du travail social développent leurs compétences.

Les diplômes en travail social représentaient une qualification, mais au fil des réformes, les formations et les certifications en vue d’obtenir les diplômes ont été structurées en référentiels avec des domaines de compétences puis en blocs de compétences.

Cette évolution facilite la diplomation par la VAE, qui permets la reconnaissance des compétences développées dans le cadre d’un emploi. Mais il ne s’agit pas ici des savoirs expérientiels, ni de l’expertise du vécu.
Au cours de ces 20 dernières années, j’ai pu constater qu’à l’issu de la formation et malgré à réussite aux épreuves de certification et l’obtention du diplôme, certains professionnels n’avaient pas développé les compétences nécessaires à l’exercice du métier correspondant à leur diplôme, tandis que des certains candidats à la VAE avaient largement les compétences prescrites et attendues.
Est-ce pour autant suffisant ? En tant qu’accompagnatrice de candidats à la VAE, formatrice et responsable de formation, je me pose plusieurs questions que je souhaite partager dans le cadre de ma contribution au congrès de l’AIFRIS pour développer la réflexion à l’heure où le gouvernement français souhaite faire de la VAE, une voie royale pour éradiquer la pénurie de travailleurs sociaux.

La diplomation à l’issu de la formation garantit-elle l’acquisition de compétences prescrits ?
La VAE telle qu’elle existe jusqu’à présent a montré ses limites et les candidats à certains diplômes ont des lacunes qui :
- remettent en cause les fondements même du travail social,
- posent des questions éthiques,
- sont préjudiciables aux personnes/familles accompagnées.

La réforme en cours de la VAE « Reconnaître et valider » (ReVa), loin de lui donner ses lettres de noblesse et de répondre aux questions de fond voire éthiques, semble d’avantage rechercher la diminution du nombre de chômeurs et résoudre le problème de pénurie des travailleurs sociaux. Les expérimentations en cours visent à transformer, simplifier, financer et accélérer la VAE. A vouloir trop simplifier le dispositif pour le rendre attractif, et « en faire un levier d’employabilité afin de booster l’emploi », n’y aura-t-il pas un risque de déprofessionnalisation et d’avoir des effets contre productifs alors que la VAE est un réel levier d’évolution professionnelle et que ses principes fondamentaux sont louables et porteurs d’ambition ?
Parallèlement, avec les différentes réformes des formations sociales, les EFTS forment de plus en plus les étudiants à des certifications et moins aux métiers malgré les stages. Là aussi la question de la professionnalisation est présente.

Mais alors qu’en sera-t-il des réelles compétences des professionnels quel que soit leur voie d’accès aux diplômes du travail social ?

L’accompagnement des candidats à la VAE est important et devrait intégrer une part de formation après évaluation des compétences des candidats en début d’accompagnement pour déterminer les actions de formation nécessaires pour compléter leurs expériences.
L’accompagnement VAE du dispositif de branche (DSB), nécessite certes quelques aménagements en introduisant notamment l’analyse des pratiques et de l’activité, mais est manifestement un modèle à promouvoir et à développer pour que les diplômes obtenus par la VAE soient l’objet d’une vraie reconnaissance, de promotion sociale et ne deviennent pas des diplômes au rabais au détriment des personnes accompagnées.

La VAE et les formations sociales ne devraient-elles pas s’inscrire en complémentarité pour garantir aux personnes accompagner des professionnels compétents ?

Que nous soyons employeurs, formateurs, accompagnateurs VAE, architecte de parcours et/ou personnes accompagnées, la principale question est : quels profils de travailleurs sociaux souhaitons-nous pour demain et avec quelles compétences ?

Mots clés :

VAE, Compétence, Formation, Travail social

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