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Enjeux éthiques pour travailleurs sociaux dans un contexte de crise.

Année : 2010

Thème : Quand l’enseignement du fait religieux permet de s’approprier la question sociale depuis le prisme du concept de laïcité.

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

SCHAEFER Gérard (France) – gerard.schaefer@estes.fr

Résumé :

Vers un nouveau paradigme sociétal ?
L’entrée dans le XXIème siècle s’est accompagnée par une prolifération de faits divers qui ont souvent été récupérés pour servir le renforcement de politiques sécuritaires et éveiller des doutes quant à la dignité de l’autre homme. Parallèlement, l’augmentation de personnes qui mettent fin à leur vie de façon anticipée (dérives sataniques chez les jeunes, épuisement professionnels chez les adultes), la médiatisation spectaculaire de catastrophes naturelles ou l’annonce d’une fin du monde pour le 21 décembre 2012 constituent un terreau social favorable pour des manifestations « spirituelles » à l’échelle planétaire. Faut-il alors s’étonner que des hommes politiques acceptent de passer pour des leaders charismatiques ou s’acoquinent avec des manifestations du religieux ?
La société change et avec elle les repères qui jusque-là servaient de cadre de référence au vivre ensemble. Repères et valeurs sont bien présents, mais jaugés à l’aune de l’affect qui lie les individus au sein de leurs communautés de référence, ils prennent l’allure d’une quête incessante dont seule l’errance des personnes semble pouvoir rendre compte. Une errance qui trahit le recours aux « histoires uniques » et qui s’épuise à s’attacher à des succédanés de symbolique. Une errance qui questionne de manière nouvelle l’idée de l’approche d’autrui en toute sécurité depuis le lieu de sa transcendance. Comment interpréter les événements sociaux (faits divers) constitutifs du lien social et traduire la multiplicité du réel sans verser dans un discours générique à propos du religieux en société ?
Enseigner le fait religieux à des travailleurs sociaux
En France, depuis la loi du 2 janvier 2002, le secteur social a connu de multiples réformes et adaptation des cursus de formation et de professionnalisation. C’est ainsi que la modernisation du diplôme d’assistant de service social a introduit un nouvel enseignement pour les futurs travailleurs sociaux. Comment interpréter les attitudes paradoxales qui traversent la société française dans son rapport avec le religieux ? Se pourrait-il que l’actualité du fait religieux en France fasse écran à un essoufflement du symbolique en société ?
Sept années d’enseignement ne sont pas venues épuiser le besoin incessant de renouveler le contenu d’une telle unité de formation. L’attention aux faits de société d’une part et le souci d’offrir au travailleur social une boîte à outil pour accueillir et interpréter les situations humaines dans des contextes d’intervention diversifiés d’autre part constituent les principales caractéristiques de la présente réflexion. Au cœur de l’enseignement du fait religieux, la question de la dignité humaine y reprend toute son actualité et avec elle celle de la liberté des individus et des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Compétences humaines et professionnelles
A l’heure de traduire les qualifications professionnelles en termes de compétences, voici un enseignement qui oblige à replacer le souci pour l’Autre au cœur de la démarche formative. Comment un tel enseignement vient-il s’inscrire au sein d’une ingénierie des formations au service de la mobilité des personnes à des fins d’apprentissage ? Après avoir situé la présente problématique dans le contexte de la société française et rendu compte de l’adaptation de cet enseignement à la réalité des personnes qui entrent en formation, nous nous interrogerons sur les enjeux qu’un tel module d’enseignement prend dans le cadre d’un enseignement supérieur visant la qualité de l’éducation et son évaluation.

Mots clés :

Lien social, Cohésion sociale, Responsabilité, Ethique, fait religieux, laïcité

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