Avantages et limites du développement communautaire dans un contexte de crise sociale et économique en zone rurale défavorisée de l’intérieur de la Tunisie

Année : 2011

Thème : Cas d'étude: La zone d’ElBrek, Délégation El Ayoun, gouvernorat de Kasserine

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

TARHOUNI Aida (Tunisie)

Résumé :


Cette communication tente d’analyser les avantages et les limites des dynamiques de développement communautaire dans une zone rurale située dans le gouvernorat de Kasserine en Tunisie-Centrale. Il s’agit du Secteur d’El Brek qui connait à l’instar d’autres zones rurales de la région une crise sociale profonde liée à de nombreux facteurs dont notamment le déficit en matière de développement économique et social qui a été engendré par le désengagement progressif de l’État depuis la mise en place des plans d’ajustement structurel au milieu des années 80. Ce déficit se manifeste principalement à travers le faible niveau de développement des infrastructures de base qui constitue une contrainte majeure pour l’investissement dans la zone et pour l’intégration de cette dernière dans un espace économique plus large.

Cette crise est également liée à la déstructuration du tissu social local et la perte de ses anciennes formes d’organisation en raison notamment de l’évolution des rapports sociaux et de l’ouverture de la société sur son environnement externe. Ce processus de mutation sociale est dans une certaine mesure lié aux effets d’un mouvement d’exode et d’émigration touchant les éléments jeunes de la société pour la recherche d’emploi dans les centres économiques du littoral du pays.

La crise du territoire d’El Brek, s’explique aussi par la faiblesse et la dégradation des ressources naturelles de la zone notamment l’eau qui constitue un facteur limitant pour l’initiation d’une dynamique de mise en valeur agricole surtout qu’il s’agit d’une région à dominante aride où l’agriculture pluviale est limitée.

Malgré cette situation de crise sociale et économique nous enregistrons au niveau de la zone d’El Brek les prémisses d’une dynamique d’organisation sociale portée à la fois par des ONG à caractère national intervenant dans la zone et par des leaders issus des groupes sociaux locaux. En effet, certaines ONG de développement, opérant à partir de Tunis la capitale, mobilisent des fonds (souvent grâce à des financements internationaux) pour la réalisation de projets d’infrastructure et de micro-financement rural dont la mise en œuvre a nécessité voire exigé une certaine organisation de la population locale. Quant aux leaders locaux qui ont joué un rôle dans le processus d’organisation de la population ce sont surtout des jeunes émigrants ou des diplômés de l’enseignement supérieur qui ont pris conscience de la nécessité de s’organiser et de prendre en main le sort de leur territoire.
En dépit de ces efforts en matière d’organisation de la population locale, l’analyse que nous avons entreprise dans ce territoire rural nous a permis de constater que le processus d’organisation communautaire reste fragile avec des impacts relativement limités et sa durabilité demeure liée à plusieurs facteurs dont notamment :

-La promotion de la gouvernance locale des territoires et le renforcement de l’autonomisation de la société civile dans le contexte politique de la Tunisie actuelle. A ce propos, il est évident que la Révolution du 14 janvier 2011 que vient de connaitre le pays, devrait entrainer un changement radical par rapport aux pratiques de l’ancien régime en matière de gouvernance locale. En effet, les conséquences de cette Révolution dont la principale revendication porte sur la démocratisation du pays, concerneraient l’élargissement des espaces de participation et d’organisation communautaires.
-L’amélioration des conditions socio-économiques de la région notamment en ce qui concerne le développement de l’infrastructure de base. En effet, l’amélioration du cade de vie et la dynamisation de l’économie régionale et locale à travers la mise en place de ces infrastructures favorise certainement l’émergence et le développement de dynamiques communautaires.
-La présence de leaders locaux impliqués dans des réseaux d’échange externes au territoire est indispensable pour la durabilité des dynamiques de développement communautaire. De même le renforcement de leur capacité notamment en matière d’organisation et d’identification d’initiatives porteuses de changement social, institutionnel et économique est également nécessaire pour la consolidation de ces dynamiques

Mots clés :

Zone rural, Secteur social, Société civile, développement communautaire Crise sociale développement économique et social rôles des acteurs locaux

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